Les sports d'endurance exigent discipline, persévérance et une grande tolérance à la douleur. Ils impliquent également des contraintes psychologiques spécifiques, telles que la pression de la performance, les blessures, le surentraînement et parfois une culture sportive où “ être fort ” semble plus important que de demander de l'aide. Un nouvel article scientifique brésilien explore la façon dont les athlètes d'endurance perçoivent la santé mentale et l'utilisation thérapeutique potentielle des psychédéliques, notamment la MDMA. Les résultats sont intéressants, en particulier parce qu'ils ne portent pas sur “ ce qui fonctionne ”, mais plutôt sur les connaissances, l'attitude et le besoin de soutien.

Qu'a examiné précisément cet article ?

Les chercheurs ont combiné une synthèse conceptuelle concise avec une étude transversale par questionnaire auprès d'athlètes d'endurance brésiliens. Au total, 28 participants ont pris part à l'étude. Ils ont répondu à des questions sur leur santé mentale, leur consommation de compléments alimentaires, de médicaments et de substances psychoactives, ainsi que sur leur perception des psychédéliques et des thérapies psychédéliques.

Il est important de souligner que cette étude n'a pas testé de traitement ni mesuré son efficacité. Par conséquent, elle ne démontre pas si les psychédéliques ou la MDMA “ aident ” les athlètes, et n'établit aucun lien de causalité. Son intérêt réside principalement dans la mise en évidence des besoins, de la stigmatisation et des lacunes dans les connaissances.

Toute personne souhaitant lire l'étude en détail peut le faire via la source : Les athlètes d'endurance sont ouverts à la thérapie psychédélique, mais manquent de connaissances et de soutien psychologique..

Le soutien psychologique fait souvent défaut dans le milieu sportif.

L'un des constats les plus frappants est que 64 % des participants ont signalé un manque de soutien en santé mentale dans leur environnement sportif. Cela ne se limite pas à un accès insuffisant aux thérapies, mais peut aussi signifier : l'absence d'espace sécurisant pour parler du stress, un manque de psychoéducation, peu d'entraîneurs compétents en la matière, ou une culture où les problèmes de santé mentale sont rapidement considérés comme une faiblesse.

De plus, 29 % des participants ont déclaré souffrir de dépression ou d'anxiété. Dans ce petit échantillon, les femmes ont plus souvent rapporté avoir recours à un traitement médicamenteux pour la dépression ou l'anxiété que les hommes. Compte tenu de la taille réduite de l'échantillon (n=28), il est déconseillé d'en tirer des conclusions définitives, mais ce résultat s'inscrit dans une observation plus générale : la santé mentale dans le sport est souvent présente, mais pas toujours visible.

Une attitude ouverte envers la thérapie psychédélique, à condition qu'elle soit supervisée.

Malgré leur manque de connaissances, de nombreux participants se montraient relativement ouverts à la thérapie psychédélique si elle était proposée légalement et sous supervision. Dans le groupe, 11 % avaient déjà consommé des psychédéliques, tandis que 79 % se disaient prêts à suivre une thérapie psychédélique dans un cadre légal et supervisé.

Cette nuance est importante. L'intérêt ne semble pas tant porter sur la consommation de substances que sur le désir d'un cadre professionnel incluant le dépistage, l'accompagnement et le suivi. Cela correspond à la façon dont la thérapie assistée par MDMA est perçue au sein de la communauté scientifique : non pas comme une substance isolée, mais comme une composante d'un traitement structuré, incluant préparation et intégration.

Principales lacunes en matière de connaissances et idées fausses persistantes

L'étude révèle également un retard dans les connaissances. Par exemple, 61 % des participants ignoraient l'existence de recherches scientifiques sur les psychédéliques et leur utilisation dans le traitement des troubles mentaux. Les effets physiques potentiels (tels que les propriétés anti-inflammatoires ou analgésiques étudiées dans certains contextes) étaient également largement méconnus. Cela ne signifie pas nécessairement que ces connaissances sont erronées, mais cela illustre la fragmentation des idées reçues sur les psychédéliques, souvent influencées par les médias, le bouche-à-oreille ou des expériences isolées.

Un deuxième point important concerne les idées fausses sur les risques. Dans cette étude, 78 % des participants pensaient que les psychédéliques créent une dépendance. Cette affirmation générale manque de contexte. Les risques de dépendance varient considérablement selon la substance, le contexte, la fréquence de consommation et la vulnérabilité de l'usager. Avec la MDMA, par exemple, il n'y a généralement pas de dépendance physique classique comme avec d'autres substances, mais il existe des risques réels, tels que la surchauffe, la déshydratation ou l'intoxication à l'eau, les interactions médicamenteuses et d'éventuelles séquelles négatives comme la dépression ou l'anxiété. Certaines personnes peuvent également souffrir de troubles mentaux, surtout sans dépistage ni accompagnement adéquats. Il est donc trop simpliste de dire “ addictif ” ou “ non addictif ”, mais la conclusion des auteurs est compréhensible : une éducation ciblée et fondée sur des données probantes est nécessaire.

Quelles sont les implications pour la MDMA, les traumatismes et la thérapie ?

L'article mentionne la MDMA parmi les substances à potentiel thérapeutique (aux côtés de la psilocybine, du DMT et du LSD), mais ne se prononce pas sur ses applications spécifiques pour les athlètes d'endurance. Il est donc erroné de conclure de cette étude que la MDMA est “ adaptée au stress sportif ” ou “ atténue la pression de la performance ”. Cependant, la recherche aborde un thème plus général qui revient fréquemment dans le cadre de la thérapie par MDMA : les personnes souhaitent obtenir de l'aide, mais manquent d'informations fiables et d'un cadre sécurisant.

La recherche scientifique sur la thérapie assistée par MDMA se concentre principalement sur l'accompagnement, le cadre et le contexte, le dépistage et l'intégration subséquente. Pour des problématiques telles que les traumatismes, ce cadre est particulièrement important car des émotions et des souvenirs intenses peuvent ressurgir. Cela ne signifie pas que la MDMA soit une solution universelle, ni qu'elle soit sans risque. Cela signifie surtout que la “ thérapie ” est différente de la “ consommation ”.

Il existe également une réalité pratique et juridique bien claire : les séances de MDMA ne peuvent actuellement être abordées que dans le cadre de la recherche scientifique ou de la pratique clinique, via la réduction des risques. Dans ce contexte, l’accent est mis sur la limitation des risques et la prise de décisions éclairées, et non sur des allégations médicales ou des promesses de résultats.

Réduction des risques : comment faire un choix éclairé ?

Si les athlètes d'endurance (ou d'autres personnes) s'intéressent à la thérapie psychédélique, cette recherche montre principalement où se situent les premiers bénéfices : les connaissances de base et le soutien psychologique. La réduction des risques commence souvent par des questions concrètes, telles que : quelle est votre intention ? Quelles sont vos capacités mentales actuelles ? De quel soutien disposez-vous ? Et quels sont les risques que vous encourez ?

Parmi les principes de réduction des risques qui reviennent fréquemment dans nos formations, on retrouve : l’absence de combinaison avec d’autres substances, la prise en compte du sommeil et de la récupération, la vigilance face aux interactions médicamenteuses et le refus de se fier aux anecdotes en remplacement d’un avis professionnel. Pour les athlètes d’endurance, des considérations supplémentaires peuvent s’ajouter : des facteurs spécifiques à leur sport, tels que la thermorégulation, l’hydratation et la reconnaissance des signes de surmenage. Ces exemples ne constituent ni des garanties ni des conseils personnalisés, mais illustrent les sujets abordés dans un accompagnement adapté.

Si vous avez besoin d'aide : un accompagnement et une évaluation initiale sont importants.

Le principal enseignement de cette recherche n'est pas que les psychédéliques constituent la solution miracle, mais plutôt que de nombreux athlètes manquent de soutien psychologique tout en étant ouverts à de nouvelles formes d'aide, pourvu qu'elles soient professionnelles et sûres. Cela pourrait également impliquer d'investir d'abord dans un suivi psychologique régulier, une psychoéducation ou la consultation d'un psychologue du sport. Si le recours aux psychédéliques est envisagé, il doit s'inscrire dans une approche globale plutôt que de constituer une intervention ponctuelle.

Toute personne souhaitant participer à une séance guidée de MDMA dans le cadre d'une approche de réduction des risques peut s'inscrire, si elle le juge approprié, via https://mdmatherapie.nl/aanmelden-mdma-sessie/. Une telle inscription ne constitue pas un traitement en soi, mais un point de départ pour aborder des questions et déterminer si un accompagnement serait responsable et approprié.

Conclusion

Cette petite étude brésilienne (n=28) révèle que de nombreux athlètes d'endurance souffrent d'un manque de soutien psychologique et que, parallèlement, on observe une forte ouverture à la thérapie psychédélique, sous réserve de légalité et d'encadrement. Les principaux obstacles semblent être non seulement l'accès, mais aussi la connaissance et les idées fausses concernant les risques et les effets. Pour la MDMA, cela signifie avant tout que des informations claires et fondées sur des preuves, ainsi qu'un encadrement rigoureux, sont essentiels, et que cette étude ne permet pas de tirer de conclusions quant à son efficacité chez les athlètes.